Une rencontre littéraire sur http://www.inlibroveritas.net/. Un écrivain qui m'émeut, me vrille de part en part. Bernard Hananel possède ce petit quelque chose qui fait de lui un auteur merveilleux. Je vous livre avec son autorisation "Savin me". J'ose espérer que vous vivrez un moment aussi fort que moi et si tel est le cas... Il suffit de quelques clics pour le lire encore et plus !
« Prison gates won't open up for me - On these hands and knees I'm crawlin' - Oh, I reach for you... »
Le titre est en boucle dans le lecteur... et c'est censé me calmer.
Je suis en colère.
Une de ces colères qui vous rend plus triste qu'enragé, plus misérable que fou furieux. Et quand je suis en colère, je roule vite. C'est très con. Mais, de toute façon, pas besoin d'aller chercher loin, je suis très con, et très en colère... donc, je roule très vite.
Cela dit, je suis seul sur la route, vraiment seul tout court pour le coup. Clara vient de me larguer. Alors merde ! Je ne dois pas avoir assez de recul ou pas assez de kilomètres entre elle et moi pour analyser intelligemment ce vieux cliché du gros blaireau désespéré qui se prend pour James Dean.
« All I need is you - Come please I'm callin'... »
" Allo, Simon ! C'est moi... il faut qu'on parle." Et bien sûr, ça ne voulait pas dire : Simon, nous devons avoir une discussion tous les deux. Ça voulait dire : Tu dois m'écouter et tu fermes ta gueule ! Sauf que j'en avais ma claque d'encaisser ses conneries sans rien dire, ses théories sur le couple idéal, sur l'égalité des sexes... pff ! les sexes n'étaient certainement pas égaux, fallait être une vraie conne pour croire un truc pareil, parce que déjà, rien qu'au niveau de la taille... ouais, bon.
Bref, j'avais gueulé un peu, beaucoup... à la folie. Il faut se méfier de l'eau qui dort, toujours ! Un jour, ça pète ! Ça tsunamise violent ! Et là, je dois bien l'avouer, elle en avait pris plein sa face, la mère Clara. Du coup, à bout d'arguments et devant mon évidente supériorité, elle m'avait dit :
« Tu te casses, Simon ! Tu disparais de ma vue, de ma vie. Des mecs comme toi, je soulève mon paillasson, il en sort une douzaine ! ». Elle avait même rajouté : « Pauvre merde ! ».
Ça alors, je n'aurais peut-être pas dû m'essuyer les pompes avant d'entrer. Et puis, c'était quoi ce délire ? J'avais vérifié en partant et, sous le paillasson, il n'y avait rien... juste un peu de poussière. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Que j'allais passer l'aspirateur en courbant l'échine, ou quoi ?... égalité des sexes... mon cul ! La maintenance régulière des surfaces c'était une chose exclusivement féminine et puis c'est tout. On disait UNE femme de ménage, UNE fée du logis, UNE paire de gants Mappa, UNE bonne à tout faire. On ne disait pas un bon à tout faire... tout juste un bon à tirer... hé hé ! de toute façon, je suis hétéro et « Monsieur Propre », vous savez, le mec avec une pure peau de bidet sur le crâne ? C'est l'exception un peu gay qui confirme la règle. Je vais même vous faire une confidence, l'homosexualité masculine, cela tient à peu de choses en vérité. Je m'explique. Vous prenez le nom de n'importe quelle fiotte connue... par exemple, Bertrand Delanoë... Eh oui, vous avez bien lu, c'est de LA noë, ce qui veut bien dire, qu'à la base, c'est déjà écrit noir sur blanc, on peut difficilement être plus clair. Et j'en ai plein d'autres comme ça : Freddy Mer cul rit, Jack Langue, Frédéri queue Mitterrand, je vous assure la liste est longue et certains cachent bien leur jeu.
C'est l'invasion, je suis d'accord... une putain d'invasion. Ils sont là, parmi nous... David Vincent le sait... Tataa !
C'était d'ailleurs un de nos multiples sujets de discorde entre Clara et moi. Elle me reprochait de faire une sorte de racisme primaire contre les adeptes de ces mœurs particulières... alors que non, je m'en tape comme de mon premier slip kangourou, après tout chacun fait ce qu'il veut avec son cul. Qu'un couple hétérosexuel en arrive à se déchirer pour des questions homosexuelles, c'est profondément ridicule et...
Putain, mais qu'est-ce qu'il branle ce connard ? Dans sa caisse de merde ! Sur la file de gauche... allez, casse-toi ! Casse-toi... !
Oh ! la tronche... on dirait mon... après quinze jours de chiasse.
Bonjour chez vous !
Hé oui, c'est une autoroute, pauvre con !
Non mais, j'vous jure...
« Tu te casses, Simon ! Tu disparais de ma vue. »
Elle n'a pas eu besoin de me le répéter. Je me suis retrouvé sur le palier, la porte a claqué dans mon dos et après une dernière vérification sous le tapis-brosse, je suis parti sans me retourner.
Je suis sûr qu'elle ne croyait pas que j'allais le faire... j'ai été grandiose sur ce coup-là. Direct l'autoroute... de l'air, de l'air ! De la distance, cosmique si possible... Au fait, elle va où cette autoroute ?
Toulouse.
Pourquoi pas ? Les saucisses, Nougaro... Oh mon TouloOuuuseu... ! Dès l'aérogare j'ai senti le choc... Ah ha ! Toulouse... c'est craignos ça, Toulouse, non ?
...
Qu'est-ce que je vais foutre à Toulouse, franchement ?
Tu fais chier, Clara.
Je t'aime.
Oui, oui, j'aime aussi Laurent Ruquier, Dave, Patrick Juvet, Federico Garcia Lorca... tout ce que tu veux, j'te jure.
" Come please I'm callin'..."
http://www.youtube.com/watch?v=DcLNkH7csgM
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