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  • Aïe, mon dos !

    Le 14/05/2009 à 00:46Coups de gueuleCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    Je marche comme une canard robotisé ! Fichu lumbago ! Des anti-douleurs et ne pas bouger ! Impossible... J'ai un million de choses à faire, deux millions de choses à écrire ! Comme je suis en colère... Je vous laisse ces quelques lignes à propos de Guignol.

    Une marionnette emblématique du théâtre de rue créée par Laurent Mourguet en 1808 à Lyon. Cet homme exerçait le métier de "canut ". Joli mot pour désigner un ouvrier tisserand de la soie sur les machines à tisser. Suite à la révolution française, il refuse le chômage et se reconverti pour gagner sa croûte ! Mourguet devient arracheur de dents et marionnettiste à la fois.

    Je ris parce que le dictionnaire Wikipédia explique :

    - Pour couvrir les cris de ses patients et attirer sa clientèle, monsieur Mourguet amusait la foule avec ses poupées de chiffon et de bois sculpté.

    J'imagine sans peine la scène :

    - Cette malheureuse molaire est gâtée cher ami ! Je m'empresse donc de l'arracher ! Regardez Guignol embrasser sa tendre Madelon.

    Et le client hilare après une sincère poignée de mains. 

    - Je vous remercie mon bon Mourguet ! Mon épouse me bécotera avec plaisir lorsque je lui présenterai cette belle dentition !

    Avant de devenir un théâtre pour enfants à Paris, Mourguet improvisait ses scènes selon ses caustiques humeurs et celles de l'actualité quotidienne Lyonnaise. A l'abri de son castelet, il défendait avec ferveur les prolétaires. Mourguet s'entourait de pantins pour divulguer ses textes dont Guignol le personnage principal et Gnafron l'ami cordonnier porté sur la bouteille et marié à la fidèle Toinon. Dans chacun des tableaux apparaissaient les pantins Flageolet le gendarme, Canezou un riche propriétaire et le juge surnommé le Bailli.

    Guignol m'a toujours rendue rêveuse, je revois les images de  "La grande vadrouille" lorsque Monsieur Bourvil amoureux de la montreuse Juliette alias Marie Dubois, assiste à une représentation et se trémousse sur son banc comme un gamin.

    C'est art traditionnel est le langage parfait à partager en compagnie des petits comme des grands.

    Selon certaines sources Mourguet était analphabète. Magnifique et honorable défi que sa reconversion !

    Je vous disais donc que ce billet traduirait ma colère. 

    Samedi dernier par un après-midi maussade, Jean m'annonce que Guignol se produit sur la place de Braine le Comte près de la gare.

    Ni une ni deux je m'emballe ! 

    Je vais enfin écouter les histoires classiques du "Pot de confiture" ou peut-être celle des "Couverts volés". Je vibrerai lorsque résonneront les trois coups de bâton adulés ! Mais avant, sur le chemin, je repérerai les colonnes Morris, célèbre imprimeur ayant obtenu en 1868 le droit d'afficher les promotions des spectacles et des films et qui me permettra aujourd'hui d'admirer les multiples affichettes du joli minois de mon mythe articulé ! 

    Me voilà installée par Monsieur Loyal mal rasé et à la veste déchirée sur une vulgaire chaise de jardin en plastique. Où sont les bancs en bois de mon enfance ?

    Bon, j'avoue, le castelet est coloré et et le décor joliment dessiné.

    Romain, un petit bonhomme qui participe à mes ateliers, pointe le bout du nez et m'embrasse affectueusement...

    Chouette, j'observerai ses réactions pendant le spectacle.

    Toc, toc, toc ! Le rideau de velours rouge laisse place à Guignol et Gnafron... Discussion amicale à propos de sa cousine... Beccassine ! Je suis sidérée, les marionnettistes se mélangent les cordes ! Que vient faire la fermière dans cette histoire ? 

    La paysanne entre en scène, Dieu qu'elle est laide ! Effondrée, elle explique à ses comparses que la sorcière Frisaplat veut lui voler son chien. Une peluche abîmée et sale joue le rôle de l'animal !

    Pas de machine à laver dans la roulotte des artistes, voilà l'explication !

    Et pourquoi son chien ? Les fermes regorgent d'animaux intéressants, il me semble !

    Évidemment le bon Guignol promet à sa cousine de la protéger de toute attaque de l'ensorceleuse qui lorsqu'elle se montre, arrache des cris hystériques aux enfants ! La vilaine est toute verte et habillée de noire.

    Je suis amèrement déçue. Bécassine a la même tonalité de voix que Guignol. La pauvresse est constamment harcelée par Frisaplat mais également par la chanson niaise de Chantal Goya ! La sorcière porte un prénom original mais hélas ses cordes vocales sont identiques à celles de Gnafron... J'en déduis qu'aucune femme ne joue derrière le castelet ! Sont-ils misogynes ?

    Le cliché de méchante sorcière me dérange. Suis-je à l'écoute d'un conte de fée Disney ? Pourquoi ne pas abolir cette image négative récurrente de l'imaginaire des jeunes spectateurs ? Les enchanteresses sont-elles inévitablement toutes des monstres ?

    Le petit Romain écoute et répond aux questions de Guignol :

    - " La vilaine est cachée dans le placard ! " 

    Je souris, il parle bien mon petit blond ! Pas comme les marionnettes qui s'agitent devant moi et qui ne cessent de faire des fautes.

    Gnafron ne connaît pas les négations, il utilise des jurons idiots et déplacés et se moque des belges !

    - Je sais pas lire,vous préférez pas, il y a pas, j'ai pas peur, ça marche pas, je vous aime pas, etc...

    - Purée de patates écrabouillées, purée de carottes coupées en rondelles, etc...

    - A tout-à-l'heure... Oh non les amis, vous comprenez pas ! En Belgique, vous dites " à tantôt "!

    Je suis scandalisée !

    En ce qui concerne Guignol, c'est consternant ! Il utilise un vocabulaire adulte. J'ai remarqué le visage interrogatif de Romain à plusieurs reprises. Il est violent lorsqu'il assomme Frisaplat avec ce gourdin... Un vulgaire bâton ramassé au fond du bois de la Houssière à la dernière minute ! Quant à l'utilisation de la langue française, le montreur ferait bien de retourner à l'école :

    - Vous êtes en train de faire...., lui tirez son nez, je l'attrape avec mes mains, où il va , pourquoi tu dors ?

    Et j'en passe tellement c'est effrayant !

    Heureusement, le pantin a corrigé discrètement l'erreur d'un petit garçon qui criait : les chevals !

    La morale de l'histoire tient debout...

    - Ne pas faire de grosses bêtises comme voler, kidnapper, frapper parce que l'on sera enfermé en prison à double tour pour nous éviter de recommencer. 

    Gnafron fait rire les enfants lorsqu'il croise Frisaplat :

    - J'ai les chaussettes qui tremblent ! dit-il guilleret.

    Je dois être vieillotte ou dépassée ! Parce qu'il m'est insupportable d'entendre les refrains Starac et Benny Hill pour rythmer l'un ou l'autre acte tout au long de la représentation. J'aurais préféré les roulements de tambours ou la boîte à musique qui nous enrobe de sa manivelle de notes classiques !

    Je suis en colère.

    Je trouve dommage que les artistes ne perçoivent pas leurs erreurs au contraire de certains parents que j'ai entendu réagir. Et je suis convaincue que les enfants ne se sont aperçus de rien.... Quoique !

    Romain m'a glissé à l'oreille qu'il avait bien aimé mais il a également lancé cette phrase percutante :

    - Guignol ne parle pas bien, madame Magali ! 

    - Hélas, oui bonhomme tu as raison !

    Certains gamins garderont inconsciemment les traces de ce langage maltraité... Demain, dans une semaine, un mois, un an ou plus !  

    Certes, je suis perfectionniste et pointilleuse mais les valeurs du langage sont pour moi des principes de vie qui permettent de communiquer dans le respect de soi-même et des autres.

    Voici donc une petite information sympathique que je n'ai pas décelée  lors de ce samedi maussade.

    La tradition veut que Guignol joue à droite du public et soit tenu par la main gauche du marionnettiste  et l'inverse pour Gnafron.

    Comme dans un théâtre classique, le côté cour est à droite du spectateur lorsqu'il regarde la scène et s'appelle le côté Gui. Le côté jardin est à gauche du spectateur et prend le nom de côté Gna. Les entrées spectateurs se font du côté Gui. L'entrée des loges artistes se fait côté Gna.

    In fine, j'annonce que cette représentation est chère (six euros) et manque totalement de professionnalisme ! Colère !

    Je félicite Monsieur Mourguet pour avoir donner naissance à Guignol mais je suis convaincue qu'il s'est retourné entre ses planches célestes lors de l'écoute de ce spectacle nommé " L'anniversaire bicentenaire de sa figurine à ficelles ". Quel cadeau  !

    La colère est une bonne chose : la douleur dorsale s'est estompée, je m'endormirai tranquillement...

    Merci Guignol... Tu continueras à me faire rêver ! 

     

     

     

  • Mamans.

    Le 10/05/2009 à 17:31Coups de gueuleCommentaires (0)Ajouter un commentaire

    C'est en réagissant au billet du blog d'Anaïs Valente du 09 mai intitulé Un mois de presqu'absence que j'ai décidé de vous publier mon commentaire (amélioré) et d'ailleurs classé dans une nouvelle catégorie nommée « Coups de gueule ! » sur mon blog.


    Oui, Anaïs tu as parfaitement raison, ces tueurs en série sont impressionnants, perturbants, effrayants !

    Richard C. interrogé par Nadia, jeune profiler, ressemble au Père Noël à un point tel... OH OOH OOHHHH ! Quelle horreur ! J'en frissonne !

    Le sourire pervers de cet assassin qui terminera ses jours emprisonné parce que condamné à plus de 300 ans, j'en frissone encore !

    Un infirmier criminel allemand occupé comme volontaire auprès de sans-abri et qui distribue des cadeaux aux enfants aux périodes festives hivernales. Personne ne connaît son passé sauf son amie qui reste sceptique quant à son éventuelle rechute... J'en frissonne plus fort !

    Je me demande ce que ressentent ces meurtriers lorsqu'ils laissent ces corps sans vie, mutilés, torturés ? Des victimes innocentes dont bon nombre de femmes. Est-ce-qu'ils naissent ainsi ? Réalisent-ils le mal qu'ils provoquent autour de leur martyr ? Guérissent-ils ? Je suis admirative lorsque j'écoute Nadia F. et les autres enquêteurs à la recherche de vérités mais est-ce suffisant pour masquer leur mal-être à longue échéance ? Les problèmes psychologiques ou psychiatriques humains sont récurrents dans ce monde et cela depuis la naissance de l'univers... Mais notre modernisme ne dilate-t-il pas ces atrocités plutôt que de les circonscrire ? Grand frisson interrogatif !

    Auparavant, lorsque je rentrais suite à une réunion ou un repas entre amis , j'étais sereine. Je m'aperçois qu'aujourd'hui , je suis extrêmement prudente même si l'horloge n'a pas encore sonné les douze coups de minuit et que je suis juste à quelques pâtés de maison de mon bercail. Une subtile anxiété me surprend à l'arrêt d'un feu tricolore ou au passage d'une rue mal éclairée... Frisson que j'éprouve au quotidien !


    Je ne tirerai pas de morale à cette histoire, je peux à peine juger je ne suis pas une profiler....

    Ce qui me fait penser à mon papa qui voulait que je devienne commissaire à la police judiciaire... Frisson !

    Ce qui me fait penser à ma maman dont c'est la fête ce 10 mai et toutes ces femmes qui ont perdu la vie subitement à cause de ces bourreaux sans coeur...Et qui auraient pu être célébrées par leurs enfants dans la joie et le bonheur d'être MAMAN ! Ne plus frissonner demain tel est mon souhait à la pensée de toutes ces femmes mères ou non !

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